7 injonctions auxquelles on obéit

Durant notre enfance, à la maison ou à l’école, parents et professeurs nous ont sans cesse répété des phrases qui, au fil du temps, se sont profondément ancrées dans notre subconscient. Ces « pilotes inconscients » ou « drivers » influencent aujourd’hui notre comportement au quotidien.



👉 Face à une injonction intérieure, accordez-vous des permissions.

👉 Identifiez votre/vos driver(s) dominant(s) et travaillez dessus.

👉Ne le(s) supprimez surtout pas, il(s) peut/peuvent vous être utile(s), mais rendez leur présence moins contraignante.


Le psychologue suisse Taibi Kahler a listé 5 injonctions auxquelles on obéit, dès le plus jeune âge, sans nous en rendre compte. Nous en identifions 2 supplémentaires.


1. « Sois parfait(e) »


Autrement dit : « N’aie aucun défaut, aucune fêlure. »

Cela se traduit par des phrases comme : « Tu aurais pu faire mieux », « J’attendais mieux de toi »…


Imposer à son enfant un tel niveau d’exigence incite, à coup sûr, ce dernier, une fois devenu adulte, à vivre dans l’insatisfaction permanente, convaincu qu’il peut toujours faire mieux et améliorer ses performances.


Il redoutera toute forme de jugement.

Il ne s’autorisera pas à faire la moindre erreur, ce qui l’amènera à faire preuve de prudence et de réflexion plus que la moyenne.

Il aura tendance soit à essayer de devenir « parfait », soit à se convaincre qu’il n’y parviendra jamais.

Il aura une mauvaise estime de lui-même.


Si votre driver dominant est « Sois parfait(e) », autorisez-vous à faire des erreurs, laissez-vous la possibilité de les corriger, acceptez l’idée de ne pas tout savoir, et réalisez que vous êtes tel(le) que vous êtes.

Un être doté, à la fois, d’atouts et d’imperfections.


2. « Fais des efforts »


C’est dans la même veine que « Donne-toi du mal ».


Le sujet qui a toujours entendu ce type de phrase conçoit que pour réussir, il va devoir fournir un travail acharné, se dépasser, se surpasser, quitte à « en baver ».


Pour lui, réussir passera nécessairement par le fait de surmonter des difficultés.

Même lorsque les choses seront simples, elles lui paraîtront complexes.

Il craindra les critiques sur lui-même.

Ce qui ne l’empêchera pas de percevoir les autres comme paresseux et peu compétents.

De nature persévérante, il donnera le meilleur de sa personne en toutes circonstances, ayant confiance en ce qu’il fait.


Si votre driver dominant est « Fais des efforts », permettez-vous de prendre simplement du plaisir, de profiter, à ne plus autant mentaliser chacune de vos actions.


3. « Fais plaisir »


Derrière ce driver se cachent les injonctions suivantes : « On dit merci », « Fais un bisou à », « Sois sympa avec »…


L’adulte, poli, bien éduqué, ouvert, aura toujours la crainte de ne pas satisfaire son prochain.


Il ne fixera aucune limite à sa bonté, à sa gentillesse et n’osera jamais dire « non », parce qu’il ne saura pas dire « non », considérant le refus comme le rejet de la personne tout entière, et non de la demande en elle-même.

Il fera systématiquement passer les besoins des autres avant les siens, quitte à s’oublier et à réfréner ses propres désirs.

Son bonheur pourra dépendre de celui des autres.


Si votre driver dominant est « Fais plaisir », alors faites-vous d’abord plaisir, prenez soin de vous et faites confiance en votre intuition, afin de reprendre le contrôle de vous-même et de faire de vos besoins une priorité.


4. « Dépêche-toi »


« Vite, vite ! », « Qu’est-ce que tu es lent(e) ! », « Tu n’as pas encore terminé ? »


Ce type d’injonction est révélateur de l’impatience et de l’agitation de l’interlocuteur : tout doit aller vite, que cela soit justifié ou non (urgence, rendez-vous).

Aller vite coûte que coûte, et tant pis si c’est au détriment de la qualité.


La personne à qui il a été demandé d’agir rapidement ne s’autorisera pas à prendre du temps.

Pour elle, tout devra se faire dans la précipitation, ce qui entraînera des oublis et occasionnera des erreurs.

Incapable d’attendre, elle se lassera rapidement des choses qui ne vont pas assez vite.


Si votre driver dominant est « Dépêche-toi », prenez votre temps et agissez avec efficacité et sérénité.


5. « Sois fort(e) »


« Fais preuve de courage ! », « Sois vaillant ! », « Tu as peur ? »…


Très tôt, on nous invite à réprimer nos émotions : « Un homme, ça pleure pas ! », « Tu vas quand même pas pleurer pour ça ! », « Je ne veux pas te voir pleurer ! »


On fait de nous une personne rigide, capable de se contenir pour ne pas paraître « faible », prête à se débrouiller seule.

On doit avancer quoiqu’il se passe, supporter la pression aussi intense soit-elle.


Si votre driver dominant est « Sois fort(e) », montrez aussi vos faiblesses et sollicitez de l’aide lorsque vous en ressentez le besoin.


6. « Débrouille-toi »


« Ne compte que sur toi », « Tu es grand(e) », « Je ne serai pas toujours derrière toi »…


Ce genre de phrase amène progressivement l’individu à s’émanciper et à acquérir toute l’autonomie dont il a besoin pour pouvoir grandir et avancer dans la vie. Mais seul.

Pour lui, grand solitaire et individualiste, c’est « chacun sa peau ».


Si votre driver dominant est « Débrouille-toi », travaillez en équipe, développez vos talents de leadership et devenez une source d’inspiration pour les autres.


7. « Réfléchis un peu »


« Fais attention ! », « Es-tu bien sûr(e) de toi ? », « Tu ne le regretteras pas ? »


Ce qui apparaît à première vue comme de simples conseils et signaux de vigilance peut, à la longue, bloquer l’individu dans sa prise de décision.

La prudence escomptée laisse alors place au doute, à la dernière réflexion avant l’action, au premier pas vers la procrastination.


Si votre driver dominant est « Réfléchis un peu », décidez par exemple, pour une fois, d’agir sur un coup de tête : préparez votre valise et filez en week-end improvisé, en faisant le choix de la destination le jour du départ.