8 étapes pour désamorcer un conflit

Souvent, un conflit naît d'une divergence d'opinions. Si ce brouhaha ne découle pas rapidement sur un dialogue respectueux, les tensions iront crescendo : la réconciliation entre les différents protagonistes sera de plus en plus difficile. À moins de suivre ces quelques recommandations.



Pour aboutir à un débat d’idées apaisé et éviter que les forces pulsationnelles antagonistes s’expriment à nouveau au détriment d’échanges constructifs, voici quelques conseils qui pourront bien vous être utiles en telle occasion.


1. S’accorder sur un lieu et un moment pour discuter avec la personne concernée


Assurez-vous qu’un conflit privé reste privé, qu’une affaire d’ordre personnel soit cantonnée à la sphère personnelle.


Proposez à la personne avec qui vous êtes en conflit de vous retrouver tous les deux dans un endroit calme, un cadre agréable, qui ne doit pas être le lieu où s’est déclenché votre différend.

Amenez avec vous votre bonne humeur, votre positivité, et mettez-y une touche de convivialité : cela peut être, par exemple, une petite attention, un apéritif, un fond musical.


L’idée est de faire en sorte que la personne avec laquelle vous avez eu un désaccord se sente détendue, afin de pouvoir aborder le vif du sujet dans les meilleures conditions.


2. Employer le « je » et éviter toute généralisation


La meilleure façon de mettre les choses à plat, c’est de s’engager dans une conversation.

Et le meilleur moyen de s’engager dans une conversation, c’est de parler à la première personne du singulier.


Évitez autant que possible d’utiliser le « tu », qui a subconsciemment un côté « accusateur » : « Tu aurais pu me laisser parler », « Tu as voulu imposer ta pensée et en faire une vérité absolue »…

L’utilisation de la deuxième personne du singulier engendrera automatiquement une suite de reproches : la personne visée, se sentant attaquée, répliquera alors sans ménagement au manque de tact de son interlocuteur.


Bannis également des termes comme « toujours » ou « jamais » : « C’est toujours la même chose », « Ce n’est jamais assez bien pour toi »…


De telles généralisations ne permettent pas de solutionner un comportement problématique : votre interlocuteur se dira alors que, peu importe sa réaction ou le changement qu’il mettra en place, ce sera « toujours la même chose » et « jamais assez bien »…


3. Laisser parler votre interlocuteur et ne pas intervenir lorsque ce qu’il dit est en contradiction avec votre pensée


Dans la résolution d’un conflit, l’écoute active est l’une des qualités premières à développer.

Si vous n’écoutez pas l’autre s’exprimer, comment voulez-vous qu’il vous écoute exposer votre point de vue, votre pensée ?


👉 Observez attentivement votre interlocuteur.

👉 Veillez aux mots et au ton qu’il emploie.

👉 Captez son non-verbal.

👉 Faites montre d’un maximum d’ouverture d’esprit.

👉 Prenez des notes : vous pourrez, ainsi, si nécessaire, vous y référer lors de votre tirade.


Et surtout, gardez votre sang-froid : ne l’interrompez jamais.


4. Poser des questions spécifiques, qui se basent sur des faits


Ne tournez pas autour du pot, venez-en rapidement aux faits : « Qu’est-ce qui t’a fait penser cela ? », « Ai-je dit quelque chose de la sorte ? », « Laquelle de mes paroles t’a blessé ? »


Ce type de question vous permet de cibler le(s) déclencheur(s) du clash, et amène la personne avec laquelle vous êtes en conflit à se livrer, à pratiquer une introspection sur elle-même, à s’interroger sur son interprétation des événements et sur les émotions qui en découlent.


5. Poser des questions exploratoires


Continuez d’explorer le schéma de pensée de votre interlocuteur en lui posant des questions d’approche : « Si j’avais été moins intransigeant(e) dans mes propos, aurais-tu réagi de la même manière ? », « Si, dans un tout autre contexte, j’avais maintenu mon point de vue, cela t’aurait-il touché(e) à ce point ? », « Penses-tu qu’il y ait des alternatives à cette façon de penser ? »


C’est le genre d’interrogations qui peut amener une personne à élargir sa réflexion et à faire preuve de plus d’ouverture d’esprit donc de tolérance envers son prochain.


6. Sceller un accord


Enterrez la hache de guerre en trouvant un terrain d’entente avec votre partenaire.


Commencez par lui proposer de lister vos points de convergence.

Quelles sont vos inquiétudes communes ? Sur quoi vous retrouvez-vous ?


Notez ensuite vos divergences.

Qu’est-ce qui vous oppose ? Sur quel(s) sujet(s) vous écharpez-vous ?


Enfin, échangez tous deux sur les possibilités de conciliation de vos idées et de vos opinions.

Sur quoi pouvez-vous vous entendre ?


L’accord qui découlera de vos discussions constituera le point de départ de votre respect mutuel.


7. Demander à votre interlocuteur de modifier seulement son comportement


Il n’est pas question d’exiger de l’autre qu’il change de personnalité, ou qu’il remette en cause ses valeurs et ses convictions.

Il n’est pas question, non plus, que votre interlocuteur exprime des ressentis qui ne sont pas les siens et qui ne lui correspondent pas.


En revanche, il est important qu’il comprenne que son comportement peut être nuisible pour lui, pour les autres et pour le débat d’idées.


On peut contester, ne pas être d’accord, s’opposer, discuter, polémiquer, avoir des échanges tendus parfois, à partir du moment où le dialogue est respectueux, constructif et qu’il fait bouger les lignes.


8. Déterminer les rôles de chacun


La dernière étape pour désamorcer un conflit est de répartir équitablement les missions de chacune des parties.


Des efforts à consentir pour enrayer le climat de tension et repartir du bon pied.

En faisant chacun un pas vers l’autre, le chemin de la rédemption n’en sera que plus court.


Soyez les propres négociateurs de votre réconciliation !